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16 avr. 2012

Lille Terril nouveau panorama urbain

Une ville avec du relief c'est beau non ? Malheureusement, à Lille, le sol est désespérément plat. C'est pour cela que nous proposons de déplacer un terril au cœur de la métropole. Autrement plus utile que les bébés dinosaures noirs qui envahirent la rue Faidherbe pour la saison culturelle Lille3000 en 2009, cet emblématique repère offrirait un point de vue panoramique aujourd'hui absent sur la ville. Ses pentes deviendraient un nouveau point de rencontre de jour comme de nuit et un gradin naturel à l'échelle de la ville. Luge en hiver bronzette en été, voila un nouveau support pour de nouvelles pratiques urbaines que les lillois ne manqueront pas de s'approprier!  

il reste à déplacer les 24 000 000 de mètres cube du 11/19 non loin des tours de Jean Nouvel...


3 déc. 2011

Avatar virtuel comme avenir urbain

Suite à notre article sur l'urbanisme fictionnel, voilà une solution envisageable à prendre au second degré.

Entre les projets qui ne verront jamais le jour faute d'argent et les villes qui tombent en ruines comme Détroit, la ville à du mal a se refaire une beauté. Le paysage urbain se dégrade doucement, mais si nous voulons éviter de finir par vivre dans des villes fantômes, vieilles et déprimantes il faut trouver des solutions pratiques. 


Voici une proposition politiquement incorrecte mais presque réalisable techniquement, ce n'est qu'une question de temps. La réalité augmentée permettrait de projeter sur la ville décrépie des images présentables qui sans le virtuel seraient sans doute restées dans les ordinateurs des agences d'architecture et d'urbanisme. En portant une paire de lunettes avec écrans transparents intégrés, en attendant que l'information soit directement envoyée dans votre cerveau, vous découvririez une ville merveilleuse à l'épreuve du temps, en perpétuelle évolution. La technique permettrait même de faire disparaitre les nuisances visuelles comme les clochards, les jeunes délinquants, les bâtiments abandonnés, les tags, le mauvais temps, etc... Un système de calques vous permettrait de choisir quelle ville vous voulez voir.

un système d'alerte préviendrait des éventuels dangers que l'on ne peut pas encore supprimer

Une ville à deux visages se mettrait en place avec d'un coté ceux qui peuvent s'offrir ces lunettes de réalité améliorée et les autres qui resteraient dans le monde délaissé abandonné et déprimant. Plus la peine de faire des ravalements de façade ni de remplir les vitrines des magasins de toutes façons les pauvres sans prothèses visuelles ne pourraient même pas se payer ce qu'ils verraient. 


La ville ne serait plus qu'un avatar virtuel, une réalité améliorée pour homme augmenté. Le cinéma a déjà commencé à ne montrer que ce dont il a envie, les effets spéciaux et retouches numériques sont partout dans les films et séries. Cette vidéo présentant la technique montre comment les rues se reconstituent numériquement, comment le temps est modifié, comment la ville est sublimée pour se montrer plus séduisante au regard. 


Grâce aux fonds verts il est plus facile d'intégrer des éléments virtuels. Au lieu de rénover les façades, ce qui couterait trop cher, il suffirait juste de repeindre les murs en vert pour projeter l'image valorisante et moderne du projet à sa place. Les nouvelles constructions ne seraient plus que des volumes verts qui serviraient de support aux projets virtuels avec textures et lumière. 


Bienvenue dans la Matrice!

9 nov. 2011

La vi(e)LLe aseptisée : totalitarisme urbain de demain ?

Pas besoin d'être un géographe aguerri ou un sociologue chevronné pour avoir remarqué le phénomène. Notre société évolue vers toujours plus d'individualisme, d'entre-soi et de ségrégations (même si certains, apparemment, se bougent pour que ça change). La conséquence spatiale la plus évidente de cette mutation est l'explosion des "Gated communities", phénomène apparu aux Etats-Unis mais qui aujourd'hui s'est largement répandu à travers le monde, où plutôt a littéralement envahit par privatisation et isolation des espaces auparavant publics et générateurs de liens sociaux (qui s'offusque d'une rue privée à Paris ? qui même a remarqué sa présence ?). Le principe est simple : chacun a sa belle et grande maison, son jardin bien entretenu, tous les voisins sont gentils, il fait beau, tous les services sont a disposition, des dizaines de caméras assurent votre sécurité; ainsi la vie est belle et chaque réveil est comme une nouvelle renaissance. Ca ne vous rappelle rien ? Moi si....


L'une de ces deux images est tirée d'un film... laquelle à votre avis ?

Avec ces communautés séparées du reste du territoire, ce sont de véritables univers urbains parallèles qui on été créés. Des univers artificiels qui sentent à vomir la peinture fraîche et la peur de l'autre. Des univers créés de toutes pièces à l'image de Seahaven, la ville sous globe du gigantesque real-tv show The Truman Show (génialissime et indispensable film de Peter Weir sorti en 1998). La ville du faux où les parents indignes sont bannis et expulsés par des agents de sécurité déguisés en civils/figurant dans cette hypocrite mascarade urbaine. 

Papa SDF mal rasé qui pue la vinasse ? .... D-E-H-O-R-S !

Bien sûr c'est une extrapolation à partir de ressorts dramatiques propres au scénario du film. Mais aujourd'hui il est vraisemblablement devenu difficile de vivre en commun et de partager un même espace entre animaux civilisés. C'est même devenu pour certains, pour beaucoup dirais-je (et j'en fais partie), tellement désagréable que le refuge dans une bulle personnelle rassurante est devenu une habitude. S'isoler acoustiquement de la ville est devenu un nouvel art de vivre la ville.


L'acte de mettre un casque sur ses oreilles et écouter du bon son en s'imaginant héros d'un film de guerre des gangs arpentant virilement et cow-boyement son territoire a évidemment quelque chose d'excitant, de stimulant et de plaisant. Mais on peut aussi l'interpréter comme un acte de "customisation" de la ville. Comme l'illustre cette vidéo, un morceau de musique nous coupe du brouahaha chaotique d'un centre-ville aux heures de pointes ou du calme effrayant d'une cité dortoir en rentrant du boulot. Mais c'est aussi un acte d'appropriation de l'espace urbain, celui qui met son casque ne fait rien d'autre que de personnaliser l'espace pour se sentir plus à l'aise et s'isoler du regard, du bruit ou des odeurs de ses si étranges et malveillants semblables. La vi(e)lle aseptisée, c'est ça. 

Les incivilités, les comportements hors-normes, on ne les supporte plus. Ainsi, ce sont de véritables campagnes de publicité/préventions qui sont financées par les collectivités pour (désesperemment ?) lutter contre les incivilités dans les transports en commun. 

Campagne de la RATP, avec une symbolique si évocatrice quand à l'état de notre société et de nos rapports sociaux ! à retrouver détaillée et commentée ici

Le monde stérilisé et trop propre de The Truman show ne semble plus si loin. Un nom a même été donné à cette façon de concevoir l'espace public discrimante à l'égard des marginaux (les sans abris notamment) et qui s'est dramatiquement généralisé: l'urbanisme de prévention situationnelle. Le principe est simple : empêcher par la conception tout comportement déviant et potentiellement nuisible. 


Le banc anti-sdf, un grand classique.. ici dans sa version hard et bankable.

Allez, maintenant, soyons cynique un petit peu. Repensez à tous ces projets d'écoquartiers, de ville verte, de nature en ville, de belles promenades autour de canaux remis en eau qu'on nous fait bouffer à longueur d'élections municipales... avez vous ne serait-ce que la capacité d'y imaginer des alcooliques, des prostituées, des dépravés, des sans-abris, des kékés-tunning, des pédophiles, de la viande saoûle, de la capote usagée (CF prositution bas de gamme), ou pire ? Si vous savez faire ça, alors rejoignez tout de suite cette équipe d'urbanistes funky ^^

Poussons le vice jusqu'au bout: dans une société aseptisée, qui aurait encore le droit de dire des banalités susceptibles de heurter les oreilles des citadins puritains ?  et si on inventait des murs anti-tags auto-nettoyants à la Silvester Stallone ? (un autre grand film à voir... cf rubrique "documentation")

Mais alors, les beaufs, les ratés, les moches, les puants, les chômeurs, les célibataires désespérés, ils ont pas le droit à la ville eux ? Et si demain, la ville se fragmentait entre Gated communities et Loosersland? C'est donc ça notre avenir urbain ? Et le droit d'être malheureux, pas beau et de mauvaise humeur, ce n'est pas la plus basique des libertés ? Allons nous laisser imposer ce totalitarisme de la vi(e)lle aseptisée ? Prenons exemple sur notre héros du jour, fuyons cet vi(e)lle artificielle, osons retrouver la liberté, le chaos et le désespoir !

5 oct. 2011

Urban way of life 1 : le street marketing



Il y a plus de quarante ans... et aujourd'hui ? Sous les pavés, la pub ?

A l'heure du street art à toutes les sauces et de la Banksi mania, l'idéal de la liberté d'expression urbaine -souvent illégale mais impossible à empêcher- a largement été récupéré par une nouvelle forme de publicité : le marketing urbain. Il ne s'agit pas de juger du positif ou du négatif de cette évolution, c'est un constat fait par certains observateurs de la vie urbaine comme ici ou la. Il s'agit en outre d'une méthode de communication qui semble faire des émules dans les cabinets de conseils en marketing, en atteste la prolifération de ce types d'évènements urbains.

Une nouvelle forme de communication (plus efficace ?) d'Amnesty International

Un passage piéton "à sensations" par Durex

Un passage piéton fast-food à Zurich

Publicité pour du café à New-York. 
Autour de la plaque est inscrit "La ville qui ne dort jamais. Réveillez-vous"

La créativité dont font preuve les publicitaires reste remarquable. Ce type de marketing fait sans doute partie de ces "petits riens urbains" qui font de chaque traversée urbaine une redécouverte permanente. Ils permettent par ailleurs d'offrir aux citadins un autre regard sur cet environnement d'asphalte et de pollution qu'ils ignorent ou détestent. Faut-il alors remercier le capitalisme de rendre la ville plus désirable, de faire de nous des citadins moins grincheux ? Ou faut-il s'indigner de cette invasion de pubs dans les trois dimensions de l'espace public urbain ? Peut-être aussi peut-on se dire qu'il s'agit d'un progrès en comparaison avec de l'invasion de panneaux publicitaires d'un certain Jean-Claude ?

Il ne faut en tout cas pas oublier la richesse d'autres oeuvres non autorisées qui elles stimulent les neurones (le marketing urbain ne serait-il pas finalement le moyen 3.0 de créer du fameux "temps de cerveau disponible", après la télé et internet ?) 


(hm... est-ce vraiment un bon exemple de "stimulation de neurones" ?By Banksy)

(by Banksy, again. Mais bon, c'est plus stimulant déjà... ou pas)

Et pour terminer avec panache, citons le philosophe Gilles Deleuze avec un extrait "Post-scriptum sur les sociétés de contrôles" (1990). 

"Même l'art a quitté les milieux clos pour entrer dans les circuits ouverts de la banque. Les conquêtes de marché se font par prise de contrôle et non plus par formation de discipline, par fixation des cours plus encore que par abaissement des coûts, par transformation de produit plus que par spécialisation de production. La corruption y gagne une nouvelle puissance. Le service de vente est devenu le centre ou l'« âme » de l'entreprise. On nous apprend que les entreprises ont une âme, ce qui est bien la nouvelle la plus terrifiante du monde. Le marketing est maintenant l'instrument du contrôle social, et forme la race impudente de nos maîtres. Le contrôle est à court terme et à rotation rapide, mais aussi continu et illimité, tandis que la discipline était de longue durée, infinie et discontinue. L'homme n'est plus l'homme enfermé, mais l'homme endetté. Il est vrai que le capitalisme a gardé pour constante l'extrême misère des trois quarts de l'humanité, trop pauvres pour la dette, trop nombreux pour l'enfermement : le contrôle n'aura pas seulement à affronter les dissipations de frontières, mais les explosions de bidonvilles ou de ghettos."

NB: seule la partie surlignée est réellement pertinente. Mais bon, citer Gilles Deleuze, ça en jette quand même.

2 sept. 2011

Radioactivity world tour [2°]

C'est un marché en plein boom, les spots d'activités se multiplient à travers le monde et les touristes en mal de sensations fortes sont prêts à fouler le sol irradié. Alors pourquoi ne pas profiter de ce nouveau filon atomique? Faisons des fêtes, construisons des villages vacances et des musées, faisons de cet héritage immense une valeur commerciale pour les siècles à venir!

Tchernobyl camping

Pripyat festival

Onkalo mémorial radioactif (documentaire "into eternity")

futur icône du tourisme mondial ?

photomontage city-in-progress ®